La Feuille de route nationale du Mali sur le méthane constitue un document stratégique visant à opérationnaliser les engagements climatiques du pays, en particulier dans le cadre de sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN), en traduisant les ambitions de réduction des émissions de méthane en actions concrètes, sectorielles et mesurables.
Elle s’appuie sur un diagnostic approfondi des sources d’émissions, qui met en évidence la prédominance du secteur agricole notamment l’élevage et la riziculture suivi par les déchets et, dans une moindre mesure, le secteur énergétique. En l’absence d’interventions, les projections indiquent une augmentation significative des émissions à l’horizon 2030 et 2050, ce qui justifie l’urgence d’une action structurée et coordonnée à l’échelle nationale.

La feuille de route propose un ensemble cohérent de mesures prioritaires, incluant l’amélioration des pratiques agricoles (gestion du fumier, aération intermittente des rizières, amélioration de la productivité du bétail), le développement de solutions de cuisson propres dans le secteur résidentiel, ainsi que la modernisation de la gestion des déchets à travers la mise en place de décharges contrôlées et la promotion de l’économie circulaire. Ces actions visent une réduction d’environ 27 % des émissions de méthane à l’horizon 2030 par rapport au scénario de référence, tout en générant des co-bénéfices importants en matière de santé publique, de sécurité alimentaire et de qualité de l’environnement.
Sur le plan institutionnel, le document met en avant la nécessité de renforcer les capacités nationales en matière de quantification, de modélisation et de suivi des émissions, notamment à travers des outils comme LEAP et les méthodologies du GIEC, afin d’améliorer la cohérence des données et la crédibilité du système MRV. Il souligne également l’importance d’un cadre de gouvernance inclusif, mobilisant l’ensemble des parties prenantes sectorielles et territoriales.
La réussite de cette feuille de route repose sur une mobilisation accrue des ressources financières et des partenariats techniques, ainsi que sur l’intégration effective des mesures identifiées dans les politiques publiques nationales. Elle constitue ainsi un levier structurant pour inscrire le Mali dans une trajectoire de développement sobre en carbone, résiliente et alignée avec les objectifs de l’Accord de Paris.
Pour plus d’informations télécharger le document.
